Histoire du cinéma Bollywood
Longtemps méconnu du grand publique occidental, le
cinéma indien est tout de même né au
19ème siècle.
En effet après la première
présentation du cinématographe à Paris
en 1895, les frères Lumières firent de
même à Bombay 6 mois plus tard avec la projection
de leur film : L'arrivée
du train en Gare de La Ciotat.
5
ans plus tard en 1899 le 1er film indien voyait le jour. Rapidement
cette industrie se développa en Inde avant de
connaître un tournant majeur en 1910 quand le brahmane
Dhundhiraj Govind Phalke
vit le film La vie du
Christ
(Pathé), et surtout la passion qu'un film sur
la religion et
les saints pouvait déchaîner dans un pays
Laïque comme la France. Ramené à l'Inde
ou l'activité théâtrale s'inspirait
déjà des nombreuses divinités, ce
principe remporta un succès incontournable. Les principales
références scénaristiques proviennent
des livres sacrés de l'Inde : le Mahabarata
et le Ramayana.
Cette relation avec la religion est peut-être à
l'origine de l'extrême pudeur qu'on peut observer dans les
films. Tout est suggéré mais jamais
montré, même un simple baiser, même si
quelques écarts sont notés dans certaines
productions récentes. Les gros plans sur les zones
érogènes des actrices exécutant des
danses érotisées sous la pluie ou dans une
rivière (symbolisme de l'eau) font pudiquement office de ...
La relation avec la religion et les divinités donne tout son
sens à la présence omniprésente de la
danse et des chants dans les films Bollywoods. Les danses
utilisées à l'origine étaient les
traditionnelles que le bharata
natyam ou le kathak. Aujourd'hui avec
les influences extérieures il n'est pas rare d'observer des
rythmes et des mouvements de Salsa, break-dance ou aérobic
qui s'adaptent très bien aux nouvelles
méthodes de tournage.
D'ailleurs l'introduction de ces valeurs occidentales dans le
cinéma indien lui a valu une crise identitaire dans les
années 90. Le cinéma Bollywood a
peut-être voulu concurrencer Hollywood en jouant sur son
terrain, cependant le publique indien n'était pas de cet
avis. Ne se reconnaissant plus dans l'environnement des films produits
à cette époque, il avait peu à peu
abandonné les salles.
Il a fallu une prise de conscience, et un retour à des
valeurs plus traditionnelles notamment en terme de sonorités
plus orientales (grâce au travail de compositeurs comme
Ismail Darbar ou Jatin Lalit et du parolier Sameer) et vestimentaires
pour relancer l'industrie du cinéma. En effet Bollywood a su
allier la modernité à la tradition, en montrant
à l'écran à la fois le jean et le sari
sans que cela ne choque.
Le film Kuch Kuch Hota
Hai sorti en 1998 est l'exemple le plus probant
de cette reconquête du publique indien.
Les Valeurs que vous retrouverez toujours dans un Bollywood sont celles
de la famille, de l'Amour, de l'adversité, dans un contexte
dramatique (avec des pointes d'humour), et un contraste entre les
valeurs anciennes et modernes de la société
indienne.
Déjà connu en Asie et en Afrique, le
cinéma Bollywood est victime de son succès
grandissant et frappe de plus en plus fort aux portes de l'Europe,
excepté l'Angleterre où il est
déjà présent depuis plusieurs
années en raison d'une grande communauté
indopakistanaise à Londres.
Pour cela l'industrie du cinéma indien s'organise et de
grands studios se distinguent, comme la société
Yash Raj du producteur Yash Chopra. Les
acteurs célèbres et
fortunés tels que Sha Rukh Khan, Ashutosh Gowariker
ou Juhi Chawla contribuent
également à la production.
En Inde le cinéma est la distraction nationale. Les films
d'une durée d'environ 3h sont monnaies courantes, et
là bas un entracte est prévu à la
moitié du film. Cette longueur extrême pour le
publique occidental a dans un premier temps
pénalisé son exportation, cependant
l'enthousiasme grandissant provoqué par les Bollywoods
semble prendre le dessus.
Symboles de la percée du style Bollywood, la
présence de Lagaan (nomination aux Oscar en 2002 pour le
meilleur film étranger) et de Devdas (ouverture du
Festival de Cannes en 2002) ou Mother India (équivalent
indien D'Autant en emporte le vent) également
primé à Cannes.
Après Londres, Paris est devenu le nouveau point
d'entrée vers l'Europe et l'occident. Pour preuve la
multiplication des festivals Bollywood dans les salles parisiennes,
la présentation le 26 avril 2006 lors du Bollywood
Week de Veer Zaara par ses stars Shah Rukh KHAN et
Preity ZINTA en personne.
A Lire :
L'esthétique d'une culture populaire par Vijay Monony
Bollywood expliqué ou pourquoi la valeur du cinéma indien est sous estimée et enfermée dans des clichées...
Le Cinéma Kolywood (Article Inde-Réunion)

Lata Mangeshkar
Sonu Nigam























